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La JOC Europe en action pour garantir un " lendemain " !

Partout, préCaRIté est synonyme de criSE pour les jeunes travailleurs

Est-ce que tu sais si tu travailleras demain? Es-tu sûr que tu auras un boulot, un endroit où vivre, un revenu qui te permettra d'être autonome et de prendre les décisions concernant ta vie? En fait, des millions de jeunes travailleurs à travers le monde n'ont aucune certitude quant à leur avenir. Un emploi qui dure quelques mois, voire quelques heures, est une réalité quotidienne pour trop de jeunes travailleurs. Est-ce vraiment trop demander d'avoir un contrat de travail qui dure plus d'un jour ou d'une semaine? Est-il possible d'avoir un système social accessible à tous, qui nous protège du chômage et de l'insécurité. Après tout, la Déclaration des droits de l'homme de l'ONU nous dit que « toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage » (Article 23). Les jeunes travailleurs avec lesquels nous avons parlé aimeraient avoir un peu plus de certitude et de sécurité dans la vie et c'est pour cette raison que nous avons décidé d'agir.

D'où vient ce plan?

Cela fait plusieurs années que la JOC Internationale (JOCI) développe une analyse et mène une action en réponse aux différentes réalités auxquelles sont confrontés les jeunes travailleurs partout dans le monde, dans tous les types d'emploi: jeunes travaillant sans contrat dans l'économie informelle; jeunes travailleuses victimes de discrimination et d'insécurité; chômeurs et apprentis rencontrant des difficultés pour entrer sur le marché du travail; et jeunes travailleurs temporaires et précaires se trouvant face à des possibilités d'emploi limitées. Ces différentes expériences internationales de vie et de travail nous ont aidés, ici en Europe, à dégager des pistes d'action – point de départ pour changer le monde! Ce que nous avons découvert dans le cadre de nos actions et dans les témoignages recueillis auprès des jeunes travailleurs tourne autour d'une seule et même préoccupation commune: la précarité du travail et ses effets sur la vie des jeunes travailleurs. Les jeunes travailleurs – intérimaires, migrants, sans emploi, temporaires – vivent dans une insécurité quotidienne car ils ne savent pas quand ils pourront retravailler ni comment s'assurer un revenu permettant de répondre à leurs besoins élémentaires.

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Témoignage de Lien

« Avec les qualifications que j’ai, je ne peux pas aller dans une agence d’intérim. Donc, je dois me débrouiller par mes propres moyens »

Lien Van der Meeren, 25 ans, Belgique

En 2004, j’ai obtenu le diplôme de pédagogue. Lorsque j’ai terminé mes études et commencé à chercher un emploi, je me suis rendu compte que ce n’est pas parce qu’on a des qualifications que c’est facile de trouver du travail. Bien que nous ayons un bon système de protection sociale, nous devons attendre 9 mois avant de pouvoir recevoir une aide du gouvernement.

Donc j’ai d’abord dû faire d’autres boulots qui ne correspondaient pas à mon diplôme. Je devais bien faire ça si je voulais gagner un peu d’argent et m’insérer dans la société. Le problème majeur lorsque l’on recherche un emploi, c’est que les associations demandent quelqu’un qui a de l’expérience. Mais si on n’a pas la chance de commencer quelque part, on ne peut jamais acquérir cette expérience.

Après quelque temps, j’ai eu la chance de trouver un emploi qui correspondait à mes qualifications mais malgré tout, c’était juste pour remplacer une femme enceinte. Ce n’est pas facile de trouver un emploi permanent dans mon secteur. Après cela, j’ai de nouveau eu différents emplois en attendant de trouver un travail de pédagogue. Avec les qualifications que j’ai, je ne peux pas aller dans une agence d’intérim. Là ils ne peuvent pas m’aider, donc je dois me débrouiller par mes propres moyens. Maintenant, je travaille pour la JOC, donc pour l’instant, je ne peux pas me plaindre.

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Témoignage de Jack

« Nous avons besoin d’un système qui promeut la solidarité »

Jack, 26 ans, Belgique

Cela fait 18 mois que je vis en Belgique et je travaille dans une usine métallurgique à Bruxelles. J’ai un contrat d’emploi fixe à plein temps. Je suis originaire du Pérou et là-bas, j’ai eu plein de boulots différents. J’ai été chauffeur de taxi pendant 2 ans et demi, et je travaillais plus ou moins 6 jours par semaine, 15 heures par jour. C’était du travail informel et chaque mois, j’avais un salaire différent, parfois 200 euros par mois, parfois moins. Après cela, j’ai eu un emploi formel dans un hôtel pendant 6 mois. Je nettoyais les chambres et le week-end je conduisais des taxis. J’ai quitté mon boulot à l’hôtel pour venir en Europe.

Je suis arrivé en Belgique pour travailler, pour étudier et pour aider ma famille parce que j’avais la chance de venir ici. Quand j’ai décidé de venir, j’avais en tête l’idée que le salaire que je pourrais gagner me permettrait d’apporter un soutien à ma famille et de payer mes études.

J’ai cherché du travail pendant 6 mois en Belgique. C’était difficile parce que je ne parlais pas la langue mais j’ai cherché par l’intermédiaire des agences d’intérim, j’ai visité les lieux de travail pour demander un emploi et j’ai demandé à tous les gens que j’avais rencontrés de voir s’ils pouvaient m’aider à trouver du travail.

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Témoignage de François

«Un revenu de base devrait garantir que les gens ne soient pas forcés de rester seuls »

François, 22 ans, Belgique

Je suis originaire de Verviers et suis en recherche d'emploi depuis 8 mois et demi. Je vis avec mes parents et je suis inscrit dans 15 agences d’intérim, certaines à Verviers et d'autres à Liège. Les agences aident en recherchant par ordinateur les emplois disponibles qui correspondent à mes qualifications mais en général je suis exclu parce que je n'ai pas de voiture ou je n'ai pas assez d'expérience.

Mes parents perçoivent des allocations familiales pour moi car je suis sans emploi, et d'eux je reçois environ 75 euros par mois pour mon usage personnel.

Le manque d'autonomie est difficile et l'absence de revenus limite aussi ma vie sociale. Je peux rencontrer mes amis et parler avec eux, mais rien de plus. Je n'ai pas les moyens de sortir parce que c'est trop cher.

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Journée Internationale de la Femme

8 mars

Journée Internationale de la FEMME 

«Participons à la construction d'une société plus humaine et plus équitable pour tous » 

Depuis plus de 75 ans, la Jeunesse Ouvrière Chrétienne Internationale (JOCI) organise et forme les jeunes travailleuses et place les actions avec celles-ci parmi ses priorités. En effet, nous, femmes, continuons à subir de différentes manières l'exclusion, la marginalisation et la discrimination dans une société où règne encore le machisme, des maux que nous subissons en tant que femmes et que travailleuses.

«Je m'appelle Pattrisiya. J'ai 22 ans et j'habite à Rajagiriya, Colombo, au Sri Lanka. Dans notre culture, il est très difficile pour une fille d'accéder au monde du travail car notre mère et notre famille ne nous autorisent pas à le faire. C'est pourquoi je me sens mal, ne pouvant pas exprimer mes qualités et mes talents, car je ne peux pas étudier et je ne peux faire que ce que ma condition de femme me permet de faire, à savoir, la couture, la cuisine et tous les travaux que les hommes n'aiment pas faire. Pourquoi en est-il ainsi ? Quand cette situation va-t-elle changer?

Je m'appelle Nalini Peries. J'ai 21 ans et j'habite à Negombo au Sri Lanka. J'ai deux sœurs. Ma mère travaille à la maison et mon père en est réduit à faire des petits travaux informels. J'ai fait des travaux qui sont généralement considérés comme des «boulots pour les femmes»: la couture ou la broderie, par exemple. Je devais coudre 50 pièces par jour. Je recevais 2 Rs. par pièce, c'est à dire, 0,01 US$. Au total j'arrivais à me faire 100 Rs/jour (0,50 US$), tout cela sans aucune protection sociale.

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